FIFTY-FIFTY / Samuel Gratacap


Format : 37x60 cm
28 pages
ISBN : 979-10-94060-20-9
Juin 2017

Éditions GwinZegal
Prix : 20 €

J’arrive en Libye pour la première fois en décembre 2014. Ras-Jedir, à la frontière tunisienne, puis la ville de Zuwara, connue pour les départs et naufrages des bateaux de migrants qui partent pour l’Italie. Ceux qui vivent le fifty-fifty : la mort ou la vie. À Zuwara je rencontre Younes, 26 ans, ingénieur en télécommunication, devenu fixeur pour journalistes. Lors de notre première rencontre, Younes me pose une question à la fois bouleversante et pertinente : « Tu es là pour les migrants ou pour la guerre ? » Bouleversante car elle démontre les intentions des medias et l’intérêt qu’ils portent à l’égard de son pays. Pertinente, directe et sans détour car elle pose le contexte : une dissociation est-elle possible entre la guerre et le sort des migrants ? Le livre FIFTY-FIFTY conduit le spectateur dans un récit où se rejouent les rapports de visibilité et d’invisibilité entre des personnes qui cohabitent et se rencontrent pour le meilleur et pour le pire.
Samuel Gratacap

VILLE DE CALAIS /Henk Wildschut

250 photographies
Texte : Henk Wildschut
Design : Robin Uleman
21x28 cm
320 pages
ISBN : 979-10-94060-16-2
Avril 2017

Éditions GwinZegal
Prix : 55 €

En plein cœur de l’Europe, un monde parallèle a existé pendant presque dix ans. Des réfugiés venant d’Afrique mais aussi du Moyen-Orient attendaient ici pour traverser la Manche et se rendre en Grande-Bretagne. C’est du persan jangal, signifiant « forêt », que le mot, simplifié par les médias, est devenu « jungle ». C’est une ville de 7 000 personnes qui s’est construite et qui a disparu.
Le photographe Henk Wildschut a documenté l’évolution de la situation à Calais depuis 2006 et il a été témoin de la transformation incroyablement rapide des petits camps en ville informelle à partir de 2015. Une ville avec des restaurants, des boulangeries, des mosquées, une église, des magasins et même des hammams. Henk Wildschut a photographié cette croissance de manière systématique. La ville a été démantelée fin octobre 2016. En 2011, en collaboration avec le graphiste Robin Uleman, Henk Wildschut a publié le livre Shelter, qui a obtenu de nombreux prix. Cet ouvrage accordait une place centrale aux abris provisoires que les réfugiés avaient construits dans les forêts de Calais. Ces cabanes étaient le symbole de la force individuelle et de la ténacité. Dans le livre Ville de Calais, il se tourne vers la puissance de la masse. Une masse capable de bâtir une ville et de montrer ainsi qu’elle ne peut plus être marginalisée.

ACRE /PINO MUSI

59 photographies
Texte : Alexandre Quoi
Design : Claire Schvartz
24x32,5 cm.
112 pages
Reliure suisse / Swiss binding
ISBN : 979-10-94060-16-2
Mars 2017

Éditions GwinZegal
Prix : 35 €
Éditions limitée
: Il a été tiré de cet ouvrage quarante exemplaires de tête, accompagnés d’un tirage original numéroté et signé par l’auteur.

Quand Pino Musi entame, en avril 2016, une série photographique dans les Côtes-d’Armor, cette zone géographique est pour lui une terra incognita. À l’invitation du Centre d’art GwinZegal, le photographe italien, basé à Paris, allait trouver l’opportunité de conduire pour la première fois de sa carrière une campagne au long cours de plusieurs mois.

Plaçant l’architecture au cœur de sa pratique, Pino Musi a porté initialement son intérêt vers la structure des bâtiments agricoles et des corps de fermes, qui ponctuent le paysage de bocage d’une campagne tournée essentiellement vers l’élevage et la production laitière. Une telle attention pour les espaces a priori sans qualités d’une société rurale précaire, reculée à l’intérieur des terres, loin des grands centres urbains, distingue ce projet de cas précédents qui s’attachaient en priorité aux zones côtières plus touristiques de la région, à l’exemple de Suzanne Lafont dans le cadre de la Mission photographique de la DATAR, ou de Thibaut Cuisset, missionné entre 1994 et 1998 dans les Côtes-d’Armor par l’Observatoire photographique du paysage. La campagne d’exploration, menée sur une vaste étendue du centre de la Bretagne sillonnée en voiture, a vite révélé une certaine équivalence entre la typologie du bâti des fermes traditionnelles et celle des constructions sans âme de lotissements périurbains...

DIE WINTER / STÉPHANE WINTER

Édition GwinZegal Couverture souple, jaquette américaine 96 pages en bichromie et couleur Leporello de 12 pages et divers inserts
Format : 22 x 29 cm,
Prix : 30€
ISBN : 979-10-94060-14-8

Né à Busan, en Corée du Sud, de parents inconnus, Stéphane Winter se retrouve immergé malgré lui dans la vie d’un couple suisse presque ordinaire - dans un petit appartement de la banlieue de Lausanne. En journée, Robert Winter est mécanicien, Pierrette s’attelle aux travaux ménagers. Dans un huis clos à trois, les soirées du quotidien sont bercées par le ronron de la télévision autrichienne. On étudie aussi les caractéristiques de la dernière Opel, la prochaine voiture pour laquelle il faudra économiser patiemment. On s’ennuie un peu, et quand on s’est ennuyé suffisamment, on s’adonne à des jeux de rôles lors de séances photo improvisées. Le week-end, il faut visiter une tante en Suisse allemande ou se promener au col du Grand-Saint-Bernard. Dans ce paysage recomposé, Stéphane Winter semble parfois incarner malicieusement le personnage des années quatre-vingts Alf l’extra-terrestre. Dehors, les saisons se succèdent, la neige s’accumule sur le balcon, le parking et la résidence d’en face — identique. Les voitures ont laissé leur empreinte dans l’hiver. Du balcon, on peut observer l’autoroute voisine qui transperce le paysage ; quelques années plus tard, un tunnel anti-bruit — l’autoroute est toujours là... Dans cette banlieue de Lausanne, on est loin de la Suisse des montres et des billets de mille. Chez les Winter, c’est la Suisse plus discrète des jardins ouvriers et de la Migros. Stéphane Winter décrit ici, restreinte à quelques personnes, l'intimité d'un tout petit monde, qu'il photographie depuis qu'il a 14 ans et s'amuse avec un appareil photographique — il l’a fait sans l’ambition de l’exposer publiquement ou d’en faire quelque chose de prétendument sérieux. C’est sans doute de cette sincérité que ce travail tire toute sa force. Exposition « Die Winter », à la Galerie LAC au festival Images de Vevey.

VALLÉE DES MERVEILLES / PHILIPPE DURAND

Édition GwinZegal
Format : 24 x 29 cm,
Prix : 28€
ISBN : 979-10-94060-11-7

Photographique, l’œuvre de Philippe Durand englobe le monde dans une géographie mouvante, à échelle variable. Une grande partie de son travail porte sur l'espace public, sur les traces d'expression que l'on peut y trouver, collages auto-générés, graffitis et stratifications, objets posés et déplacés. Considérant la Vallée des Merveilles (parc national du Mercantour) comme un proto-musée en plein air, sans artiste, sans commissaire, sans public ni communication, l'artiste en fait le lieu d'un développement de son travail, dans une nouvelle dimension spatiale et temporelle.

Dominée par le mont Bégo, classée monument historique depuis 1989, la vallée des Merveilles, à 2 500 mètres d'altitude, abrite un patrimoine archéologique exceptionnel, des milliers de gravures réalisées vers 3 000 avant Jésus-Christ. Ce sanctuaire à ciel ouvert paraît dédié à un "couple divin primordial", la déesse terre et le dieu taureau. Épargné par sa difficulté d'accès, le site comporte cependant des graffitis apparus au fil des siècles, dus à des bergers, soldats, voyageurs... Bien qu'interdites formellement depuis 1954, de nouvelles inscriptions continuent de surgir en regard des gravures datant de l'âge du bronze. Le projet de Philippe Durand consiste à réaliser une documentation tant de ces inscriptions que de certains blocs rocheux gravés afin de restituer ces derniers sous la forme de sculptures gonflables, c'est-à-dire des objets davantage utilisés dans des parcs d'attraction par l’industrie des loisirs de masse que dans un contexte muséal. Il s'agit de recréer ainsi "copie de l'original", de recomposer une topographie du lieu, et de confronter dans un même espace, gonflables, films et photographies réalisés sur place.

404 NOT FOUND/ CARINE KRECKÉ

Co-édition GwinZegal /CNA
Format : 16 x 20 cm,
Prix : 8€
ISBN : 979-10-94060-13-1

Le point de départ de ce projet conceptuel a été une investigation que les artistes ont menée au fil de trois années de navigation dans l’espace cartographique GSV, à la recherche d’indices d’une affaire criminelle hors normes (jamais résolue), médiatisée sous le nom de « féminicide de Ciudad Juárez ». Elles ont constitué, par capture d'écran, un atlas d'images susceptibles de témoigner de la violence de ce lieu.

Or, d'emblée, cette archive photographique était condamnée à la clandestinité, car ces images du monde, alors qu’elles sont librement et universellement accessibles sur internet, sont protégées par copyright et donc interdites de diffusion en dehors de la plateforme Street View. Plus spécifiquement, il s’agissait d’explorer différentes stratégies pour faire « parler » ces images interdites, malgré tout. Une stratégie consistait à écrire les images en question. Relater ce qu’on voit lorsqu’on parcourt virtuellement les routes de Ciudad Juárez, tel a été le protocole forcément contraignant de leur recueil de poésie expérimentale.

Ce travail fait l'objet d'une exposition au CNA du 23 janvier au 15 mai 2016

J’ÉTAIS LÀ / STÉPHANE DUROY ET PAULO NOZOLINO

Éditions GwinZegal
Format : 19 x 27 cm, 32 pages
Prix : 20 €
ISBN : 979-10-94060-12-4

Stéphane Duroy et Paulo Nozolino ont en commun exigence et défiance vis-à-vis de la capacité eu égard à la capacité du médium photographique à rendre compte de la complexité du monde. Une écriture dépouillée, le refus de la dimension spectaculaire, l’économie d’images sont des traits communs au travail réalisé dans le Centre-Bretagne par les deux photographes. Ce travail interroge sans détour les pans « disqualifiés » d’une identité façonnée par des représentations et une imagerie relevant le plus souvent du folklorisme . Les empreintes de vies ordinaires reléguées à la marge nous disent une autre « Histoire », celle d’un monde qui s’efface sans bruit, héritage d’une société paysanne en voie de disparition, interrogeant par là même les valeurs qui gouvernent nos sociétés contemporaines anthropocentrées et « virtualisées ». Pour ce travail dans le Centre-Bretagne, les photographes ont arpenté un espace rural parsemé d’« entreprises agricoles » de plus en plus vastes et de moins en moins nombreuses, émaillé de villages à la vie sociale exsangue. Les images de Paulo Nozolino, d’une densité dans les tirages et d’une rigueur tendant parfois vers l’abstraction, nous proposent dans leur continuum une réflexion sur les destinées des sociétés humaines. L’absence de références factuelles sur le lieu de la prise de vue donne de plus au travail une dimension qui dépasse le strict cadre géographique et dépasse les limites de l’espace du Centre-Bretagne. Dans les photographies de Stéphane Duroy s’inscrivent, de manière plus concrète, les questions du temps, de la singularité des lieux et de la prégnance du fait religieux, fût-il de témoignage. Mêlant noir et blanc et couleur, Stéphane Duroy déploie son travail dans des écritures multiples, avec toujours cette volonté d’être au plus juste dans ce rapport à une réalité dont le dévoilement est tout sauf évidence.

BRETONNES / CHARLES FREGER

Editions Actes Sud
Nouvelle de Marie Darrrieussecq - Commantaire de yann Guesdon - Illustration de Fred Margueron
Format : 20/27cm - 250 pages
Prix : 35 €
ISBN : 9782330050443
Prix : 35€

À l’occasion de sa résidence au Centre d’Art et de Recherche GwinZegal à Guingamp en 2012-13, Charles Fréger a mené un projet photographique, intitulé « Les Bretonnes » portant sur les usages du costume traditionnel breton et plus particulièrement sur les coiffes par les cercles celtiques de Bretagne.
Le regard résolument moderne de Charles Fréger joue sur le décalage entre un traitement contemporain de l’image et les stéréotypes liés aux sujets photographiés. Il invite par ce biais à une réflexion sur le sentiment identitaire.
L’écran translucide de la série « Les Bretonnes » marque une frontière semi-étanche entre un passé carte-postale et des bretonnes d’aujourd’hui qui, bien qu’héritières d’une culture et d’une tradition, appartiennent indubitablement au monde moderne.

Ce travail a fait l'objet d'une série d'exposition en Bretagne durant l'été 2015 et de la publication aux éditions Actes Sud de la série "Bretonnes" ainsi qu’un glossaire final intégrant des vues 3D des coiffes et des notices explicatives.

LE CHOIX DU PEUPLE /NICOLAS SAVARY & TILO STEIREIF

Éditions GwinZegal
Format : 21 x 26 cm, 115 pages
Prix : 25 €
ISBN : 979-10-94060-10-0

La démarche photographique de Nicolas Savary et Tilo Steireif porte sur la représentation du politicien en tant que figure dans le système politique « de milice », en Suisse. Cette enquête a débuté en 2005, en s'intéressant aux assemblées des délégués des partis politiques, ces meetings qui dessinent les grands axes thématiques et idéologiques des partis pour les mois à venir. Savary et Steireif se sont attachés à montrer l’hétérogénéité des lieux de réunion, et la disposition de chaque parti à rendre ces moments médiatiques. Dans un deuxième temps, sous le titre de Kampagne, ils se sont penchés sur la campagne des élections fédérales d'octobre 2007, en s'intéressant aux portraits des politiciens, sur les affiches électorales, avec comme arrière-plan le paysage helvétique dans toute sa banalité. De même, une série présente la figure du politique intronisé lors de son accession au pouvoir. Les politiciens fraîchement élus posent pour les agences de presse et les photographes indépendants ou officiels, dans le Palais fédéral ― ces images servant, tout au long du mandat politique, de support à la communication visuelle des parlementaires. Les photographies mettent en évidence le moment très solennel de l’intronisation médiatique par l’image, au moment de l’ouverture de la première session après les élections. Les auteurs ont observé comment les élus sont « habillés » visuellement en une personnalité qui se prétend publique. Faut-il faire apparaître la simplicité du citoyen ou se mettre en scène pour l’éternité ? Le politicien photographié hésite entre une représentation plus solennelle et celle qui a précédé sa promotion, où il prenait plus volontiers la pose « passe-partout » et humble de l’élu du peuple. Enfin, Savary et Steireif se sont penchés sur la question même du dispositif d’exhibition, et du regard que la population est invitée à porter sur un système démocratique qui se prétend à la fois immédiatement accessible et transparent. En 2006, une session parlementaire extraordinaire, et surtout extra-muros, s’est tenue, dans le village de Flims, au milieu du paysage grandiose des Alpes. Sous le titre de Streichelzoo, ou Zoo à caresses, les auteurs décrivent les jeux d’influence et de négociation des parlementaires, à l’intérieur d’un dispositif scénique, à l’attention de la population venue constater in vivo la marche de la démocratie.

NOBODY BELIEVES THAT I'M ALIVE/ALEXANDRA CATIERE

Éditions GwinZegal
Format : 22 x 30 cm, 96 pages
Prix : 20 €
ISBN : 979-10-94060-09-4

Dans ce travail, Alexandra Catiere se confronte à l’absence, à une présence qui ne peut plus être, dans un état d'instabilité où les temps se superposent, se confondent, s’entremêlent. Ses photographies n’ont pas de présent, elles nous invitent à mettre à distance notre quotidien, qui devient soudain trivial et trop convenu. Et ce qui est au-delà de nos certitudes, réaffirmées jour après jour dans nos univers si bien agencés, prend soudain le visage d'une humanité dérangeante parce que refoulée. Jour après jour, « nous passons notre chemin », pour ne pas nous laisser corrompre par ce qui n’est pas de notre entendement. Jusqu’à ce que le hasard, le destin, l’impromptu viennent mettre à bas notre bel échafaudage. Alors nos yeux peuvent de nouveau percevoir la complexité, la précarité, la fragilité de ce par quoi nous existons. La force du travail d’Alexandra Catiere est de nous mettre face à nous-mêmes, à l'autre, dans une altérité qui ne se veut ni obligeante, ni péremptoire. Elle nous confie son regard, comme une invitation à ne plus détourner les yeux.

MISSÄ MAA LOPPUU/JANNE LETHINEN

Editions GwinZegal
format 26/36 cm, 34 pages
ISBN : 979-10-94060-00-1
Prix 20 euro

 
A l'invitation du Centre dʼArt GwinZegal, Janne Lehtinen, artiste finlandais connu pour lʼenregistrement photographique de mises en scène dont il est le principal protagoniste, a parcouru le territoire de la Bretagne à la recherche dʼespaces, théâtre de ses performances. Se jouant des éléments — le vent, la lumière, lʼeau — de la diversité des paysages, dʼaccessoires empruntés au quotidien, il a construit une narration poétique et absurde à la fois.
Ce livre retrace, en dix-neuf photographies couleurs, l'expérience ainsi vécu, et nous fait partager sa vision sur les paysages traversés.

CLAUDE BATHO

Éditions GwinZegal
Texte de François Cheval
Format : 23 x 26 cm, couverture toilée, 92 pages en bichromie
Prix : 30 €
ISBN : 979-10-94060-01-8

À travers ses photographies, Claude Batho (1935-1981) s’est attachée aux objets les plus simples qui constituaient son quotidien, aux paysages familiers, à son proche entourage. La simplicité apparente des représentations cède la place à la sensibilité, à une beauté silencieuse, souvent associées aux tirages argentiques en noir et blanc. Cette simplicité se fait poésie et triomphe de la banalité. Geste de femme, la photographie de Claude Batho se lit comme un journal intime dont les sujets ne seraient pas les moments extraordinaires de l’existence, mais bien les instants insignifiants et finalement immuables.

WAYFARING / Patrick Messina

Éditions GwinZegal
Texte : André S. Labarthe
Format : 27 x 34 cm, à l’italienne, 56 pages, couverture rigide toilée avec embossage
Prix : 35 €
ISBN : 978-2-9537926-3-8

Patrick Messina est un amateur de la forme urbaine dans ce qu’elle contient de hasards et d’hypothèses. Il aime arpenter la ville et faire partager son étonnement, sa curiosité, son attachement pour ce monde de transformations incessantes, où des femmes et des hommes poursuivent une multitude de destinées singulières. Le regard du photographe s’attache à cet entrelacs de fluidité, de lumières, de ruptures, qui caractérisent la forme des villes. Dans Wayfaring, Patrick Messina se joue des échelles, du point de vue à partir duquel il opère, pour créer un sentiment d’irréalité, plongeant le spectateur dans un trouble, une perturbation visuelle. Le photographe ne cherche pas à nous livrer des indices sur les espaces représentés. Peu lui importe de nous faire savoir si nous nous trouvons devant la photographie de telle ou telle métropole, c’est la ville au sens générique du terme qui est l’objet de son intérêt. Entre les paysages urbains s’immiscent des portraits qui mettent en exergue la fragilité de la présence humaine dans ces univers qui semblent nous échapper. On y découvre aussi toute l’ambiguïté du rapport qu’entretiennent nos sociétés contemporaines aux espaces « naturels » qui perdurent.

Ligne de Mire / Mathieu Pernot

Éditions GwinZegal
Texte d'Hélène Puiseux
Format : 22 x 32 cm, 24 pages, couverture souple avec rabat
Prix : 20 €
ISBN : 9782953792669

Modus operandi
Plein été, un dimanche en début d'après-midi, un homme s'approche, une masse à la main, du bunker coincé entre la plage où se prélassent les vacanciers, et le café-restaurant où finissent de déjeuner les familles venues des environs profiter du grand soleil. Nous sommes quelque part sur la côte nord de la Bretagne. Une rangée de parpaings obstrue l'ancienne meurtrière du bunker, vestige de la Deuxième Guerre mondiale. L'homme assène un premier coup de masse pour évaluer la résistance de ce mur qui le sépare de l'intérieur du bunker, cible de son étrange ballet. Il enchaîne les frappes régulières pour dégager un passage suffisant et se glisser dans l'intimité du bunker. La scène intrigue, et quelques téméraires approchent pour s'enquérir de l'objet qui provoque l'étrange comportement de celui qui n'apparaît pas encore dans ses attributs de photographe. La tâche s'avère rude. Les parpaings finissent cependant par céder sous l'insistance du photographe. L'intérieur du bunker est sombre. Le photographe engage la seconde étape du processus et, à l'aide d'une grande brosse, entreprend de recouvrir les murs et le plafond d'une couche de peinture blanche. Pour transformer le bunker en camera obscura, finalité de toute cette opération, le photographe s'enferme à l'intérieur de l'édifice, en barrant l'ouverture qu'il vient de réaliser par un panneau dans lequel seul un orifice minuscule, de moins d'un centimètre de diamètre, laisse entrer un faisceau de lumière. C'est ce dernier qui permet au paysage qui se trouve à l'extérieur du bunker, dans l'axe du petit orifice, de venir se projeter sur la paroi opposée en image renversée. Le photographe accomplit alors dans l'obscurité du bunker la dernière étape : à l'aide d'un appareil photographique, il enregistre cette image éphémère, qui se superpose au support mural sur lequel elle se déploie. Cette édition bénéficie du soutien du Centre national des arts plastiques, ministère de la Culture et de la Communication.

Momentos e Máculas / Diego Saldiva

Éditions GwinZegal
Format : 22 x 29 cm, 36 pages reliées, couverture rigide
Prix : 33 €
ISBN : 978-2-95379-265-2
« Au-delà d'un refuge, la maison est aussi le lieu de l’intimité, le territoire à l’abri de l’espace public. Momentos e Máculas est une quête personnelle sur ce rapport entre l’espace intime et l’espace public dans lequel il s’inscrit, et, ici, plus spécifiquement celui de Guarulhos, ville du Brésil où j’ai grandi. Confronté à une urbanisation frénétique ― des dizaines de bâtiments sortent chaque mois de terre ―, le visage de cette ville se métamorphose profondément. Mon intérêt ne réside pas dans les conséquences géopolitiques de ce phénomène, mais porte sur les impacts culturels, sociologiques et humains de cette transformation. À l’occasion de mes nombreux séjours à Guarulhos, mon propre sentiment vis-à-vis de ce territoire qui m’est familier, et plus encore de l’appartement où j’ai grandi, a changé. À chaque voyage, j’ai pu constater à quel point tous ces bouleversements ont influé sur ma perception de ces espaces et de ma propre famille. La disparition des habitations anciennes au profit de nouveaux bâtiments construits sur d’anciens lieux de loisirs, sur des parcs, l’enfermement des habitants dans ces nouvelles constructions, tout cela a modifié mon approche de ces lieux. À travers ce livre, j’ai tenté de rendre compte de cette imbrication entre le passé et le présent. La maquette, construite autour de pages aux formats différents, et dans laquelle chaque image se rapporte à plusieurs autres en même temps ― tantôt en les cachant, tantôt en les révélant ―, crée une architecture où les recouvrements, de superficies différenciées, symbolisent cette juxtaposition entre un monde qui disparaît et un monde qui naît. » Diego Saldiva

RUINS/Raphaël Dallaporta

Format : 24 x 33cm
Date de parution : avril 2013
Contenu de la boîte : 4 posters 100x68cm
, 4 posters 50x35cm, 1 planche contact, 1 avis de recherche.
40 € (ISBN 978-2-95379-268-3)
In autumn 2010, Raphaël Dallaporta travelled to Bactria, northern Afghanistan, with a specially created pacifist drone. Designed to give a French- Afghan archaeological team a new perspective on its fieldwork, it photographed the historical palimpsest on the ground, capturing Achaemenid Empire-era fortifications and the remains of an aqueduct built by a long-extinct civilization, as well as surveying the strategic mountain passes used by Alexander the Great. Ruins is a photographic record of the drone’s flights and the traces left by history, as well as a testament to a unique adventure.

GEISTERBILD/Stéphane Duroy

Format : 205 x 305
40 pages reliées, couverture cartonnée et toilée
Date de parution octobre 2012
Co-édition Filigranes Editions
30 € (ISBN 978-2-35046-262-2)

Format 21/16 cm. 104 pages.
Date de parution 2012
Prix : 15,5€ TTC (ISBN:978-2-9537926-4-5)

Epuisé
Une image se trouve à l’origine de ce travail. Une photographie entrevue dans un magazine associatif qui montrait quatre corps allongés à même le sol dans une forêt du nord de la France. La légende indiquait qu’il s’agissait d’Afghans, probablement épuisés, qui se reposaient à l’abri des regards indiscrets. C’était un image violente, une photographie de guerre. Les corps paraissaient morts et leur façon d’occuper l’espace semblait annoncer la figure tragique du charnier.
C’est cette image que je suis allé chercher dans la « jungle » de Calais où les migrants séjournaient dans l’attente d’un possible passsage en Angleterre. Une image que je n’ai pas réussi à retrouver mais qui a finalement produit deux séries de photographies.
En 2009, je me suis rendu à plusieurs reprises dans cette forêt « sauvage » de Calais à la fois éprouvée par le climat et traversée par une histoire. Les traces de cabanes et les restes de sacs de couchage en constituaient les signes les plus visibles. Peu de temps après, j’ai réalisé à Paris des photographies de migrants afghans en train de dormir, entre le lever du jour et la présence des policiers venus les évacuer. Les couvertures abandonnées de la forêt étaient à nouveau habitées par des corps que je ne pouvais qu’imaginer.
En 2012, j’ai rencontré Jawad et Mansour, tous les deux Afghans demandeurs d’asile à Paris. J’ai confié à Jawad des cahiers d’écolier pour qu’il y écrive le récit de son voyage de Kaboul à Paris. À chacune de nos rencontres, il me donnait quelques pages de son histoire qu’il traduisait. J’y voyais le récit d’une épopée moderne, l’histoire en négatif de notre mondialisation. Mansour m’a prêté les cahiers qu’il utilisait pour ses cours de français. Un langage de la survie, une littérature de l’urgence était traduite du farsi. Je n’ai rien changé à ces écrits, à la brutalité du texte et au récit sur l’exil qu’ils constituaient.

Format 34/24 cm. 100 pages.
Texte de Samuel Rouvillois.
Entretien avec Michel Durigon.
Date de parution 2011
Prix : Epuisé (ISBN:978-2-9537926-2-1)

 

À la manière de planches encyclopédiques destinées à un cours d’anatomie universitaire, Raphaël Dallaporta photographie des organes. La légende une fois encore vient expliquer l’origine de ces images muettes. L’objet principal n’est finalement pas l’organe représenté mais la raison de sa présence dans une salle d’autopsie. L’apparente neutralité de la prise de vue, issue d’un protocole strict [ vue frontale, arrière-plan noir permettant un éclairage dense du « sujet » ], isole chaque fragment de corps en tant qu’indice permettant de déterminer la cause de la mort. Ces reliques de chair et d’os ont une valeur concrète d’identification.
Mais ainsi photographiées, elles possèdent en outre une dimension métaphysique et philosophique en rappelant le caractère éphémère de la vie et la vulnérabilité humaine.

Éditions GwinZegal / Steidl
Format : 28 x 23 cm, 111 pages
Prix : 38 €
ISBN : 978-3-86930-256-0

Près de trente ans depuis que Chris Killip a portraituré, pendant un an et demi, le travail et la vie des collecteurs de charbon à Lynemouth, en partageant au quotidien leur existence. Ces photographies sont aujourd’hui réunies dans une exposition et une monographie coéditée par Steidl et GwinZegal. Ces images nous transportent au cœur du campement de caravanes de cette communauté à la marge de la société, montrent leurs visages, les gestes de leur travail, leur épuisement. Le concept du livre et de l’exposition Seacoal construit un récit détaillé à partir de la richesse du matériau de prise de vue ; la succession séquentielle aussi bien que la juxtaposition des images lui permettent de décrire toutes les facettes d’une existence précaire. En cela, c’est un livre différent, beaucoup plus narratif que son célèbre essai photographique In Flagrante (1988), dans lequel, à côté de nombreuses autres images du nord de l’Angleterre, on trouve également quinze photographies extraites du projet Seacoal. À partir de cinquante photographies effectuées entre 1975 et 1987, Chris Killip esquissait, dans In Flagrante, le visage d’une époque marquée par la dépression économique et sociale de cette région, qui a suivi le déclin et la privatisation de l’industrie lourde traditionnelle et de l’exploitation minière. Ainsi, la forme narrative qu’il utilise est associative et formelle ; les protagonistes des images, sans nom et sans origine, ne sont pas là pour eux-mêmes mais comme archétypes d’une variété de destins, ou, sociologiquement parlant, d’une classe donnée. Ces images ont pu être décrites comme des allégories, à la manière de personnages sur une scène de théâtre, qui seraient celles de destins et de passions. C’est de cela, en plus de la qualité des images, que le livre In Flagrante tire sa puissance abstraite...

Edité à l’occasion de l’exposition «Indiscrétion».
Format 28/43 cm.24 pages.
Date de parution mars 2011.
Prix : 4€
TTC

Format 22/29 cm. 48 pages couleur.
Couverture souple.
Date de parution Mars 2011
Epuisé (ISBN: 978-2-35046-209-7)

Format 13/20 cm. 44 pages.
Couverture souple toilée.
Tiré à 500 exemplaires numérotés
Date de parution octobre 2010
Prix : 19,5€ TTC (ISBN: 978-2-9537926-0-7)

Dans « Today I wrote nothing » Natalie Czech se réfère à une page du journal de l’écrivain et poète d’avant garde russe Daniil Kharms (1905-1942) auteur de nouvelles très courtes aussi absurdes qu’étranges, dans un style proche du surréalisme et du dadaïsme. Il est rapidement stigmatisé comme auteur « antisoviétique » du fait des multiples interprétations possibles de ses écrits. Il se tourne alors vers l’écriture de livres pour enfants. Il décède en 1942 lors du siège de Leningrad, dans un hôpital psychiatrique où il avait été interné de force par le pouvoir stalinien au motif de son « étrangeté ». Ses manuscrits seront publiés à l’Ouest au cours des années 60 et sous forme de samizdat en U.R.S.S.
Natalie Czech décline « Today I wrote nothing » sous forme de « collage inversé » dans une série de vingt-deux tableaux dans lesquels de manière simple et poétique certains mots de la phrase sont « effacés ». De page en page, nous sommes amenés à traverser tous les états antinomiques de la création artistique. Les mots semblent retrouver tout leur poids intrinsèque, pour finir par la substance incompressible du journal : ‘I’.
Natalie Czech est née en 1976, elle a suivi les cours de la Kunstacademie de Dusseldorf.


Format 19/26 cm. 224 pages couleur.
Couverture souple.
Date de parution Juillet 2009
Prix :15€ TTC (ISBN : 978-2-9528099-8-6)

 

Olivier Metzger a photographié en 2008 l’ensemble des métiers du Centre Hospitalier Yves Le Foll à Saint-Brieuc. Il ne s’agissait pas ici de photographier l’ensemble des personnes travaillant au Centre Hospitalier, mais bien, pour chacune des fonctions identifiées, de réaliser le portrait d’un(e) professionnel(le) pour qu’il ou elle représente alors, en quelque sorte, l’archétype de cette profession. Ce travail a permis de rendre «visible» la complexité et la diversité des fonctions à l’œuvre dans un hôpital et le rôle central de l’homme. Dans un studio installé au cœur même de l’hôpital, les «modèles» sont photographiés en tenue de travail avec parfois un élément représentatif de la fonction exercée. Chaque modèle se retrouve, hors de l’environnement de sa pratique professionnelle dans un décor neutre. La raison de ce choix est double. Il donne en premier à l’ensemble des portraits une cohérence propre à définir la communauté de travail. En second, il ne «hiérarchise» pas et rend ainsi perceptible l’interdépendance de toutes les fonctions de l’Hôpital. C’est aussi, au-delà de l’intérêt porté à la dimension humaine de ces métiers, la volonté de réaliser «un arrêt sur image» de l’histoire professionnelle de l’institution, de « dater » les métiers et les technologies mises en œuvre en 2008 dans le traitement des problèmes de santé. La grande qualité et subtilité du travail d’Olivier Metzger tient dans sa manière de rendre compte au plus près de la singularité de la personne photographiée tout en «l’intégrant» visuellement dans la communauté plus large des personnes œuvrant à l’hôpital. En contre-point, Olivier Metzger a réalisé des «portraits» de machines, ces «assistants technologiques» qui occupent aujourd’hui une place de plus en plus importante et visible. En leur donnant un statut photographique à part entière, il met en lumière, au delà de la dimension sculpturale de ces outils, l’évolution du rapport homme/machine et son enjeu pour l’hôpital. Enfin le photographe a souhaité restituer par des portraits de patients la finalité première de l’institution, soigner les hommes et les femmes. S’y ajoutent les portraits de tous ceux et celles, fleuriste, aumônier, imam, visiteur bénévole, qui sans être directement rattachés à l’Hôpital, participent au bien-être de l’ensemble.

Éditions GwinZegal
Essai de Christian Caujolle
Format : 18 x 28 cm, 124 pages, impression en bichromie, couverture souple
Prix : 20 €
ISBN : 978-2-9528099-7-9

Bohdan Holomíček est né en 1943, en Ukraine, d’une mère ukrainienne et d’un père tchèque de la communauté de Volhynia (province d’Ukraine où vit une minorité tchèque). À la fin de la guerre, la famille émigre à Mladé Buky, un gros bourg à la frontière entre la Pologne et la République tchèque. Des cinq enfants, seuls trois survivront dans des conditions de vie très difficiles. C’est dans cette région montagneuse que vit toujours le photographe, dans le logement de fonction de la petite centrale d’électricité où il a exercé jusqu’à sa retraite le métier d’électricien. En 1956, il reçoit comme cadeau de Noël son premier appareil photo. Depuis cette date, et jusqu’à une époque récente, Bohdan Holomíček a réalisé des milliers de photographies en amateur. C’est une œuvre puissante et touchante qui, à sa manière, documente tout un pan de l’histoire de la République tchèque. Ses images, pourtant, nous parlent directement, et c’est sans aucun doute à la fois la marque d’un grand talent mais aussi d’une générosité immense. Tout son travail, qu’il concerne son village, Václav Havel, son voisin et ami, ou le théâtre… ne parle que d’une même et unique chose : sa passion pour l’homme quand celui-ci exerce sa liberté, sa générosité et sa curiosité. Svitani est une toute petite part de la production prolifique du photographe, une invitation à venir découvrir l’univers d’un artiste atypique et attachant.


Derniers exemplaires…
Éditions GwinZegal Essai de Didier Mouchel
Format : 23 x 21 cm, 120 pages, en bichromie, couverture cartonnée et jaquette Prix : 30 €
ISBN : 978-2-9528099-6-2

Henri Salesse. Enquêtes photographiques, est la présentation d’un travail en tous points remarquable, réalisé après la Seconde Guerre mondiale par Henri Salesse, photographe salarié du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU). Avec ces deux campagnes photographiques (Taudis, Rouen, 1951, et Enquête sociologique pour le musée de l’Homme, Petit-Quevilly, 1952), le photographe nous livre un ensemble d’une qualité exceptionnelle sur les quartiers populaires de ces deux villes. Ces 300 photographies, témoignage social et relevé patrimonial tout à la fois, constituent un document dans le droit fil des travaux de Jacob Riis ou Walker Evans. Henri Salesse ne cherche pas à réaliser des photographies misérabilistes, mais au contraire à mettre en évidence la dignité des personnes photographiées. En ce sens, il est plus proche d’une photographie documentaire, photographie à l’œuvre de manière plus affirmée à cette époque aux États-Unis et en Allemagne, que de la photographie humaniste alors très en vogue en France. Œuvre singulière par son ampleur et sa densité, ces Enquêtes photographiques constituent le point d’orgue de la production quotidienne de ce « vérificateur technique de la construction, qualification de photographe ». La mise au jour de cet ensemble photographique d’Henri Salesse permet de prendre conscience des séries exemplaires de cette photographie « grise » (administrative ou industrielle), qui reste la partie immergée de l’histoire de la photographie.

Essai de Nathalie Herschdorfer
Format 24/28 cm, 60 pages. Impression en Bichromie.
Couverture souple.
Date de parution : Avril 2008
Prix : 25€ TTC (ISBN 978-2-9528099-3-1)

Juraj Lipscher, photographe d’origine slovaque émigré en Suisse depuis 1968, observe avec distance et lucidité la vie de ses concitoyens. Body Shops est un travail sur certaines évolutions « contestables » de nos sociétés contemporaines. De la maternité au body-building center, en passant par la maison close, ces différentes séries auscultent le rapport que la société suisse, en cela révélatrice de la plupart des sociétés occidentales, entretient avec le corps dans son acceptation sociale. Recherche de la perfection, corps aseptisé jusque dans la recherche du plaisir monnayé, corps mis à distance pour ne pas voir, pour ne pas être confronté. Par une prise de vue qui relève plus du constat d’huissier que d’une photographie spectaculaire et empathique, le photographe ne cherche pas à « accrocher » notre regard par une vision par trop anecdotique mais à rendre visible la déshumanisation à l’oeuvre dans ces lieux. Ce relevé au scalpel enregistre avec concision des images d’activités fort éloignées les unes des autres mais dont au final se dégage paradoxalement ce même sentiment de malaise. Les tirages d’une grande subtilité où se côtoient toutes les nuances du gris laissent transparaître ce sentiment d’(in)humanité palpable et qui saisit peu à peu le lecteur. Ce livre dérangeant par bien des aspects est celui d’un grand photographe.

Éditions GwinZegal
Essai de Florian Ebner
Format : 29 x 36 cm, 56 pages, accompagné d’un livret de 8 pages de texte, impression en bichromie, couverture cartonnée
Prix : 40 €
ISBN : 978-29528099-2-4

« Un peu plus à gauche, plus haut, le bras plus loin du corps, oui, comme ça on la voit mieux ! » ― On croit encore pouvoir entendre les consignes du photographe dans la pose de l’homme qui, un jour de juillet 1970, s’est rendu au studio Malick, dans le quartier Bagadadji de Bamako, la capitale du Mali, pour se faire photographier. Vêtu d’une chemise et d’un pantalon immaculés, cet homme d’environ trente ans présente ostensiblement à l’appareil photo une bouteille sombre, sans bouchon ni étiquette. Elle semble être le véritable objet de la prise de vue ; pour elle, l’homme, bien habillé, accepte de prendre une posture guindée, presque artificielle, le pied gauche posé sur une petite estrade, dans une pose légèrement incurvée. On dirait que la bouteille, avec les bandes de reflets clairs de la lumière du flash, fixe l’observateur de la même manière que le fixe le regard sérieux de l’homme. Que peut avoir pensé le photographe alors qu’il déclenchait l’obturateur de son appareil photo et quelle était la motivation de son vis-à-vis en se laissant tirer le portrait dans cette posture et avec cet accessoire ?


 

Essai de Christoph Ribbat.
Format 25/25 cm, 192 pages couleur. Couverture cartonnée.
Livre épuisé en France pour l'édition anglaise voir le site de Steild
Ce livre a remporté le Deustcher Fotobuchpreis 2008, et a été nommé pour le prix de la Deutsche Börse 2008.
Prix : épuisé (ISBN: 978-3-86521-449-2)

Fils et petit-fils de pasteur, Jacob Holdt choisit en 1970, après une énième confrontation avec son père, de se rendre au Canada pour travailler dans une ferme. Quelques mois plus tard, il décide de partir pour le Chili alors en pleine effervescence politique. Peu de temps après avoir franchi la frontière qui sépare le Canada des Etats-Unis, il est victime d’une agression perpétrée par deux membres de la communauté noire. Très choqué devant une telle violence, il se met à la recherche des auteurs de l’agression, pour comprendre ce qui a pu motiver cet acte. Il découvre une réalité, à laquelle ni son éducation ni les informations disponibles ne l’avaient préparé. Pour tenter de comprendre pourquoi dans un pays si riche la quasi-totalité de la communauté noire est maintenue dans un tel état de pauvreté et de détresse, Jacob Holdt parcourt les Etats-Unis, partageant au hasard de ses rencontres les conditions d’existence misérables de la communauté noire américaine, découvrant, un peu plus chaque jour, le racisme qui la frappe. Il relate cette réalité dans de longues lettres à ses amis restés au Danemark et à son père. Incrédule, son père lui expédie un petit appareil photographique pour qu’il apporte la preuve de ce qu’il raconte. Jacob Holdt entreprend ainsi, un journal photographique dont il ignore encore l’ampleur et surtout ce qu’il en adviendra. Le jeune homme ne possède à cette époque aucune expérience de photographe. Pourtant au cours de ces cinq années, Jacob Holdt va accumuler un témoignage photographique des plus bouleversants et singuliers sur les Etats-Unis de cette époque. Pour ce faire, il va parcourir 200 000 km en auto-stop, vivre chez l’habitant, vendre son sang pour acheter des pellicules.Il va côtoyer non seulement la communauté noire mais aussi les autres catégories de la population du pays, y compris la communauté blanche la plus fortunée. Cette fréquentation s’étend même jusqu’à certains membres du Ku Klux Klan, toujours avec cette volonté parfois naïve de comprendre les mécanismes de ce racisme violent et primaire.

Préface de Robert Frank
Format 20/25 cm, 72 pages
Imprimé en Bichromie et couleur – Couverture cartonnée.
Prix : 30 € TTC (ISBN : 978-2-9528099-1-7)

 

Crocodile Tears est un livre à rebours dans la production photographique française contemporaine. C’est un livre à la fois provocateur et poétique, avec un humour à fleur d’images. Les références de Jérôme Sother ont plus à voir avec la performance qu’avec celles des canons de la photographie dont il se joue avec d’autant plus de bonheur qu’il en possède les codes. Mais à ce jeu, il faut exceller sous peine de tomber dans un exercice de style gratuit et il faut aussi cette dose d’ironie sur soi-même, seule capable de rendre le constat recevable par le plus grand nombre. Cette manière parfois dérangeante mais toujours ludique de parler de la vie ordinaire à travers sa propre expérience donne à ce travail une proximité et une justesse qui bousculent nos manières de voir et de penser le monde et sa brutalité.

Format de 21/24 cm, 60 pages, Impression en Bichromie.
Couverture souple.
Prix : 20€ TTC (ISBN : 2-35046-001-0)

 

Bohdan Holomicek est né en 1943 à Sienkiewiczowka en Ukraine d’une mère Ukrainienne et d’un père Tchèque de la communauté de Volhynia (province d’Ukraine où vit une minorité tchèque). A la fin de la guerre, la famille émigre à Mlade Buky, un gros bourg à la frontière entre la Pologne et la République Tchèque. Des cinq enfants, seuls trois survivront dans des conditions de vie très difficiles. C’est dans cette région montagneuse que vit toujours le photographe, dans le logement de fonction de la petite centrale d’électricité où il a exercé jusqu’à sa retraite le métier d’électricien. En 1956, il reçoit comme cadeau de Noël son premier appareil photo. Depuis cette date et jusqu’à une époque récente, Bohdan Holomicek a réalisé des milliers de photographies en amateur. C’est une oeuvre puissante et touchante qui à sa manière, documente tout un pan de l’histoire de la République Tchèque. Ses images, pourtant, nous parlent directement, et c’est sans aucun doute à la fois la marque d’un grand talent mais aussi d’une générosité immense. Tout son travail, qu’il concerne son village, Vaclav Havel son voisin et ami, le théâtre… ne parle que d’une même et unique chose, sa passion pour l’Homme quand celui-ci exerce sa liberté, sa générosité et sa curiosité. Svitani est une toute petite part de la production prolifique du photographe, une invitation à venir découvrir l’univers d’un photographe atypique et attachant.

Format 25/33 cm, 168 pages. Impression en couleur.
Couverture souple.
Prix : épuisé (ISBN : 978-3-86521-523-9
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Jusqu’en 1977, tout en travaillant dans son studio, Malick Sidibé poursuit de nombreux reportages sur les loisirs des jeunes du tout nouvel Etat malien issu de l’indépendance. Soirées, surprises-parties, fêtes où l’on danse, où l’on exhibe ses vêtements, bars, clubs de jeunes où l’on écoute les disques de pop music, de rock and roll, de soul music, jusqu’aux sorties du dimanche sur les bords du fleuve Niger. Malick Sidibé, qui est de tous ces moments festifs, se souvient : « Il y avait à cette époque deux types de danseurs : les zazous, aisés, souvent de familles de fonctionnaires, qui commandaient leurs costumes à Saint-Germain des- Prés, et les yéyés, moins riches, sans protocole, qui dansaient dans les bals populaires, on disait les bals poussière. J’ai eu le privilège de photographier des gens en mouvement, qui ne faisaient pas attention à moi. Je n’ai jamais dansé, mais ces jeunes respiraient la vie et me faisaient oublier mes soucis. » Le nombre et la qualité de ces reportages, plus de mille, font de ce travail un document exceptionnel sur le Mali de cette époque. Le « rituel photographique » est toujours le même. Sitôt les reportages achevés - et Malick Sidibé pouvait en faire deux ou trois par soirée - le photographe se rendait à vélo à son laboratoire pour développer les films, réaliser des petits contacts qu’il collait ensuite sur des chemises en carton de type administratif, en prenant soin de mentionner un numéro pour chaque image, la date, le nom du groupe organisateur de la soirée. Ces chemises étaient ensuite exposées à la porte du studio et permettaient aux clients de passer commande au photographe. Si la forme est parfois approximative à ses débuts, très vite Malick Sidibé va prendre de l’assurance et rendre compte de manière sensible de cette liberté nouvelle qui soufflait alors sur Bamako.

Format 17/22 cm - 112 pages
Prix : 15€ TTC (ISBN:978 2 9528099 5 5)

 

En juillet 2006, Malick Sidibé a ouvert trois semaines durant, dans les locaux de l’ancienne perception d’une commune de Bretagne, les portes d’un studio photographique. L’aménagement est à l’instar de celui que le photographe a ouvert en 1962 à Bamako. Quelques chaises, un fauteuil dans lequel Malick s’adonne à la lecture des journaux locaux entre deux séances de pose, deux projecteurs situés de chaque côté du tissu qui sert de décor de fond et, sur son trépied, le Rollei du photographe. La première journée est calme, la foule ne se presse pas. Dans la région, les derniers studios ont fermé depuis quelques années déjà. Les rares personnes qui franchissent la porte sont intimidées et demandent presque en s’excusant si elles peuvent observer pour voir comment se passe la séance de pose. Mais très vite après quelques échanges avec Malick, l’ambiance change radicalement. La timidité fait place à la curiosité et à la bonhomie. La séance, comme toujours avec Malick, est rapide. En quelques mots et quelques conseils sur la manière de positionner son corps, il entraîne le modèle dans cet univers jubilatoire, palpable dans ses portraits. Le bouche à oreille fonctionne et, au bout de trois semaines, il faut refuser du monde. Factrice, boulanger, pompier, ancien combattant, animateur de bal, baigneur, banquier... se sont prêtés au jeu avec gentillesse. Jeunes ou moins jeunes, classes sociales mêlées, résidents ou de passage pour les vacances, individuellement ou en famille, toutes et tous se retrouvent pour, au final, composer le portrait d’une communauté dans sa diversité et sa complexité.

Format 32 x 24 cm - 112 pages
Prix : 32€ TTC (ISBN 978-2-9528099-4-8)

 

Stéphanie Kiwitt arpente le continuum du quotidien urbain, pour tenir la chronique photographique de petites installations, volontaires ou involontaires, qu’elle repère dans cet espace public. Ces interventions, si peu visibles pour le passant qui marche d’un pas pressé, sont le fait d’individus isolés et ne relèvent pas d’un acte prémédité de modification de l’espace urbain. Ces non-évènements, le plus souvent produits de petits arrangements, d’accidents, d’adaptations qui viennent, comme par effraction, s’immiscer dans le bel agencement de la ville pensée par ses gestionnaires. La volonté d’administrer rationnellement, parfois même arbitrairement, l’espace urbain, se heurte nécessairement à la complexité, au hasard, à l’imprévisibilité. « Le quotidien, c’est pour moi une continuité de déroulement d’actions, réglées par des normes, des structures d’organisation. Ce qui m’intéresse ce sont ces états du quotidien, dans lesquels cette continuité est interrompue, soit par des incidents imprévus, soit par un comportement divergeant (aberrant) d’individus. » Prises séparément, ces petites intrusions ne retiennent peu ou pas l’attention. Le travail de Stéphanie Kiwitt consiste à les mettre en perspective, en écho, à en restituer la composante poétique, irréductible. Cornerville visualise un endroit qu’on ne peut pas décrire comme un espace homogène, régi par des structures stables, certaines. Ce travail a été mené au cours d’une résidence à Marseille en 2006 et 2007.

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